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III. C. Documentaires | ||
Une vie en pièce de Tachet Certaines personnes maudissent les vendredi 13 avec leur lot de malchance et de manque de bol. Mais ces gens-là sont des malheureux «heureux» car, sur cette planète, il existe des hommes et des femmes qui craignent tous les jours qui commencent par une consonne, et ce, malgré leur collection de pattes de lapin ou de trèfles à quatre feuilles. Parmi ces pauvres êtres dont la vie est un vaudeville, UNE en particulier mérite une attention toute scientifique. Il s'agit de Isabelle T., notre M'oiselle Jeanne à nous... Dans
la calme pénombre matinale, sur une adorable table de nuit en pin,
les chiffres du réveil pulsaient doucement, égrainant les
secondes qui séparaient cette aurore silencieuse et l'horreur future
: le lever...
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7
heures 33 minutes et quelques débris de secondes. Isabelle ouvrit
un œil, puis l'autre et enfin les deux. Voulant regarder l'heure — elle
avait un drôle de pressentiment — elle tenta de rouler sur le côté.
Seulement, le précédent retournement l'avait ligotée
avec sa couverture. Le résultat attendu était de pouvoir
regarder son réveil, mais en fait, ce fut un roulé-boulé
qui la conduisit jusqu'au sol avec fracas, bruit, vacarme et douleurs.
Sonnée, notre courageuse héroïne ne rouvrit les yeux
que quelques minutes plus tard, nez-à-nez avec le pathétique
clignotement de feu son réveil : 7 h 35.
-- MINCE ! fit-elle. Elle se leva alors d'un bond, arrachant ses draps tel un papillon son cocon, et fit un pas en avant. Cela fut l'occasion rêvée pour son tabouret de passer à l'offensive — lui qui avait tant souffert — et il lui fonça dessus. Avant de tomber à nouveau elle tenta de s'accrocher à tout ce qui lui tombait sous la main. Ainsi la suivirent dans sa chute les rideaux, les tringles, une tablette et la table de nuit. Dans le tumulte, le réveil vit son agonie raccourcie : il expira entre un tiroir et le mur. -- MINCE ! souffla Isa. Cette
aventure, on le comprendra, eut raison du courage de notre chère
amie. Résignée, c'est en rampant qu'elle se dirigea vers
l'interrupteur pour éclairer ce bien sombre début de journée...
ET LUX FIAT !
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Chantonnante
malgré l'adversité et la rigueur de la vie, elle empoigna
donc une casserole, la posa sur la cuisinière allumée, ouvrit
son frigo — miraculé de la semaine passée — et y prit
une brique de lait. Celle-ci n'était pas entamée, mais peu
enclin à abdiquer elle se saisit du bec de carton, le souleva, le
pressa, le plia, puis commença à arracher la brique pour
en extraire le nectar. Seulement, chacun sait que malgré le prédécoupage,
ouvrir de la sorte un Tetra Pack est voué à l'échec.
Cette règle ne faisant pas exception pour les êtres malchanceux,
Isa ne parvint pas à sortir le lait de son damné écrin.
Pire, la brique ripa, glissa, imita brièvement Katarina Veet sur
le plan de travail et termina son show sur la moquette. Sans attendre les
notes des juges, notre héroïne s'empara de la fuyarde et la
lacera de coups de ciseaux tout en la maintenant d'une clé. Le Tetra
Pack succomba dans une gerbe de lait.
-- MINCE ! dit-elle. Pour
terminer le massacre, Isa vida le liquide qui se trouvait encore dans le
carton mutilé dans sa casserole chaude. QUELLE ERREUR !! Bouillonnements,
bulles puis mousse envahirent aussitôt le plan de travail... Vainqueur
: le Tetra Pack...
7 h 40. L'eau fraîche et vivifiante lui redonna un peu de joie de vivre. Après tout, une journée aussi mal commencée ne pouvait que bien se terminer ! (Ah ! Innocente créature !!) Ensuite, son cœur s'allégeant, elle finit sa toilette, enfila quelques habits, survivants miraculés d'une précédente lessive au Bref Javel Net (tous ces paquets se ressemblent !) et sortit de son appartement. |
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Une
journée NORMALE allait enfin pouvoir prendre son envol, une journée
sans catastrophe et sans déveine, une belle journée...
Elle trouva la ville jolie, son vélo bien huilé et le temps splendide. 7 h 45. Isa tournait au coin de la rue, le sourire jusqu'aux oreilles et l'âme pleine d'espoirs, quand la bouteille d'eau de toilette, reposée dans un équilibre précaire, fit une chute, se brisa au pied d'un radiateur électrique et prit feu... Les pompiers, alertés trop tard, ne purent rien sauver du bâtiment... Et c'est comme ça tous les jours ! Benny
la Houppette
Extrait de «Sapins, Merveilles & Réveillons», Noël 1996 |
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